Elles fascinent autant qu’elles intimident. Derrière des façades mangées par le lierre et des volets clos depuis des décennies se cachent parfois de véritables pépites immobilières. En Belgique, le marché des maisons abandonnées ou « en ruine » attire de plus en plus d’investisseurs et de particuliers en quête d’un projet de vie unique.
Mais attention : acheter une maison abandonnée ne s’improvise pas. Entre les opportunités financières et les pièges administratifs, voici ce qu’il faut savoir.
Pourquoi acheter une maison à l’abandon ?
L’attrait pour ces bâtiments délaissés repose sur trois piliers principaux :
- Le prix d’achat : Souvent bien en dessous du prix du marché, ces biens permettent d’accéder à la propriété avec un budget initial réduit.
- Le cachet architectural : On trouve souvent des matériaux nobles (pierres de taille, anciennes poutres, carreaux de ciment) impossibles à reproduire dans le neuf au même coût.
- Les primes à la rénovation : En Wallonie, à Bruxelles ou en Flandre, de nombreuses aides financières existent pour réhabiliter des logements inoccupés ou améliorer leur performance énergétique.
Où trouver ces maisons « fantômes » ?
Ces biens apparaissent rarement sur les premières pages des sites immobiliers classiques. Pour les trouver, il faut changer de méthode :
1. Biddit : Les enchères notariales
C’est le canal privilégié. De nombreuses maisons issues de successions vacantes ou de saisies sont mises en vente via cette plateforme gérée par les notaires belges. Les prix de départ sont souvent très bas.
2. Le repérage de terrain
C’est la méthode « Urbex ». En vous promenant dans des villages ou certains quartiers urbains, repérez les jardins en friche et les boîtes aux lettres qui débordent. Un passage au cadastre de la commune peut vous aider à identifier le propriétaire.
3. Les agences spécialisées « Viager ou Travaux »
Certaines agences se spécialisent dans les biens « à rénover de fond en comble ». Utilisez les filtres de recherche avec des mots-clés comme « gros œuvre », « état brut » ou « à démolir ».
Les points de vigilance (La checklist avant achat)
L’enthousiasme peut vite retomber face à la réalité technique. Voici les points non négociables à vérifier :
| Point de contrôle | Risques potentiels |
| Structure & Humidité | Mérule (champignon lignivore), murs instables, charpente pourrie. |
| Urbanisme | Vérifiez si la maison est reconnue comme logement. Une maison abandonnée trop longtemps peut parfois perdre son affectation. |
| Pollution | Présence d’amiante ou cuve à mazout enterrée et percée. |
| PEB / EPC | Les maisons abandonnées ont souvent un score G ou F, imposant des rénovations énergétiques obligatoires dans des délais courts (surtout en Flandre). |
Bon à savoir : En Belgique, de nombreuses communes taxent les logements inoccupés. En devenant propriétaire, vous pourriez hériter de ces taxes si vous ne prouvez pas rapidement le début de travaux de rénovation.
Les étapes pour réussir votre projet
- Visiter avec un expert : Ne signez jamais sans l’avis d’un architecte ou d’un entrepreneur. Ils sauront estimer si le budget travaux ne dépasse pas le prix d’une construction neuve.
- Vérifier les dettes : Le notaire doit s’assurer qu’aucune hypothèque ou dette fiscale ne pèse encore sur l’immeuble.
- Budgéter « large » : Dans une rénovation lourde, les imprévus représentent généralement 15 à 20 % du budget total.





