La Belgique est une terre promise pour l’exploration urbaine, particulièrement pour ses établissements de santé désaffectés qui parsèment le paysage wallon et flamand. Entre sanatoriums isolés en pleine forêt et complexes psychiatriques à l’architecture monumentale, ces lieux offrent une plongée saisissante dans l’histoire médicale du XXe siècle. Les explorateurs y cherchent souvent cette atmosphère suspendue, où les chariots de soins et les lampes de chirurgie semblent attendre un retour à la vie. Voici cinq hôpitaux abandonnés incontournables pour votre prochain périple en Belgique.
1. Le Sanatorium du Basil (Stoumont)
Perdu au cœur des forêts ardennaises, ce sanatorium est sans doute l’un des sites les plus iconiques de Belgique. Construit au début du XXe siècle pour traiter la tuberculose, il impressionne par sa forme incurvée, conçue pour maximiser l’exposition des patients au soleil. Bien que fortement vandalisé au fil des années, sa silhouette massive et son clocher central conservent une aura mystérieuse. C’est un lieu où le silence de la forêt rencontre la déchéance de la pierre, offrant des perspectives photographiques uniques sur ses galeries de cure autrefois baignées de lumière.
2. L’Hôpital psychiatrique Salve Mater (Lovenjoel)
Ce vaste complexe hospitalier, inauguré en 1926 par la Reine Élisabeth, était autrefois une clinique neuropsychiatrique d’avant-garde. Situé dans un parc paysager majestueux, le site se compose de plusieurs pavillons isolés. Si certains ont été rénovés, d’autres restent figés dans le temps. On y trouve encore des vestiges de la vie quotidienne des patientes (l’établissement était réservé aux femmes), avec des salles de bains communes et des chapelles intégrées aux bâtiments de soins, le tout dans un style néoclassique particulièrement élégant.
3. L’Hôpital du Hasard (Région liégeoise)
Le nom seul de ce site suffit à attirer les explorateurs. Cet ancien centre hospitalier, situé non loin de Liège, est réputé pour son atmosphère particulièrement pesante. Moins « esthétique » que les grands sanatoriums, il offre en revanche une immersion plus brute dans le milieu hospitalier. Les blocs opératoires, avec leurs éclairages scialytiques encore en place, et les salles de radiologie dévastées en font un terrain d’exploration fascinant pour ceux qui recherchent les traces directes de la pratique médicale passée.
4. L’Hôpital Océan (La Panne)
Ancien hôpital militaire situé à proximité de la mer du Nord, l’Hôpital Océan porte en lui les cicatrices des grands conflits mondiaux. Construit à l’origine en briques rouges, ce site a servi de centre de triage et de soins d’urgence durant la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui, les bâtiments restants sont littéralement mangés par la végétation côtière. Le sel marin et l’humidité ont donné aux murs une patine unique, faisant de ce lieu un témoignage poignant de la résilience et de l’oubli à quelques pas des plages touristiques.
5. Le Sanatorium du Tombeux (Fraiture)
Situé en province de Liège, ce sanatorium est le spot idéal pour les amateurs d’ambiances post-apocalyptiques. Très dégradé, le bâtiment principal offre un spectacle de désolation grandiose avec ses longs couloirs jonchés de débris et ses fenêtres dépourvues de vitres. Son architecture, typique des établissements antituberculeux avec de larges balcons de bois et des terrasses de cure, permet de comprendre l’importance du « grand air » dans les soins de l’époque. C’est un site où la nature semble avoir définitivement gagné la bataille contre le béton.





