L’exploration urbaine (urbex) transforme les anciens complexes aquatiques en musées de béton et de verre. Les carreaux de mosaïque éclatés remplacent les lignes d’eau, et la végétation s’infiltre dans les machineries rouillées. La majorité de ces bassins, construits lors des grands plans nationaux des années 1970, sont aujourd’hui obsolètes. Voici les 5 piscines abandonnées les plus remarquables du paysage français, figeant une architecture révolue dans une lente décomposition.
1. La mythique Piscine Tournesol (Douvrin / Somme)
Incontournable pour tout amateur d’urbex, la piscine de type « Tournesol » ressemble à une soucoupe volante posée au milieu d’un terrain en friche. Issue du programme des « 1000 piscines » lancé par l’architecte Bernard Schoeller dans les années 70, sa coupole en plastique rétractable est sa signature. Les sites de Douvrin (Pas-de-Calais) et de la Somme, fermés au début des années 2000, illustrent parfaitement le déclin de ces structures : trop énergivores pour les communes. La lumière filtrant à travers les hublots brisés offre des conditions photographiques exceptionnelles.
2. L’immense complexe de Luminy (Marseille)
Située aux portes des Calanques dans les Bouches-du-Rhône, la piscine de Luminy est laissée à l’abandon depuis plus d’une décennie. Le lieu propose un décor purement post-apocalyptique : les immenses bassins en béton brut sont recouverts de graffitis complexes, la charpente métallique est à nu, et les vestiaires ont été méthodiquement saccagés. C’est l’un des spots de la région PACA les plus visités, témoignant de l’impuissance publique face aux coûts de démolition.
3. La piscine intercommunale de Beaumont-sur-Oise
Construite en 1976, cette infrastructure du Val-d’Oise a fermé ses portes en 2018, supplantée par un centre aquatique flambant neuf. L’intérêt de ce spot réside dans ses accès souterrains : la machinerie, les kilomètres de tuyauterie et les pompes sont encore en place. Les explorateurs descendent dans les sous-sols pour photographier les hublots subaquatiques, autrefois utilisés par les maîtres-nageurs pour observer les nageurs sous la ligne d’eau. Le bassin principal est aujourd’hui tapissé de débris et de verre brisé.
4. Le bassin olympique des Hautes-Alpes
Perdue dans un cadre montagneux, cette piscine de dimension olympique (50 mètres) offre un contraste brutal entre l’imposante cuvette de béton et la nature environnante. Éloignée des grands centres urbains, elle souffre moins du vandalisme que les piscines de banlieue. La mousse et les herbes folles envahissent progressivement les gradins, créant une atmosphère silencieuse et hors du temps, très recherchée par les puristes de la discipline.
5. La « Cheminote » d’Amiens
Ancienne propriété de la SNCF, cette piscine amiénoise devait initialement faire l’objet d’un réaménagement. Suite au refus de la ville de reprendre la structure, l’installation a été laissée aux intempéries. La Cheminote se caractérise par des bassins étroits et une architecture industrielle typique de la fin des années 60. Les plongeoirs, encore fixés à leurs embases rongées par la rouille, dominent un grand bain désormais rempli d’une eau stagnante, d’un vert opaque.
Foire Aux Questions (FAQ)
La majorité de ces bâtiments ont été érigés dans les années 1970. Avec la hausse des coûts de l’énergie et le vieillissement des matériaux, ces piscines (notamment les modèles Caneton et Tournesol) sont devenues des gouffres financiers, qualifiées de « passoires thermiques ». Les municipalités estiment souvent qu’il est moins coûteux de fermer et de construire de nouveaux centres aquatiques mutualisés plutôt que d’entamer de lourdes rénovations.
Non, c’est strictement illégal. Bien que le lieu soit abandonné, il appartient toujours à un propriétaire (souvent la commune ou une communauté d’agglomération). Pénétrer dans l’enceinte du bâtiment constitue une violation de propriété, passible d’amendes. La pratique se fait aux risques et périls de l’explorateur.
Les risques physiques et sanitaires sont nombreux : l’effondrement des toitures rongées par l’humidité, les chutes dans les bassins vides (de plusieurs mètres de profondeur), les coupures causées par la faïence tranchante, et surtout l’exposition à l’amiante, massivement utilisée dans l’isolation des infrastructures sportives avant 1997.






